jeudi 26 juin 2008

Le système d’éducation supérieure

Avant la révolution islamique l’Iran vivait sous un régime royaliste et dictatorial soutenu par les USA et ami d’Israël. Nombreux sont ceux qui louent ajd la politique de modernisation du chah en Iran. Il est vrai que le père du chah qui s’est fait dégommer par la révolution islamique avait fait certaines choses pour son pays. Sur les intentions de son fils (au pouvoir de 1941 jusque 1979) on peut discuter, mais pour ceux qui prétendent que tout allait mieux à l’époque (ou « moins pire ») qques chiffres sur l’éducation supérieure peuvent être éclairants :

En 1976, sous le chah, 59% des garçons savaient lire et écrire. Après 17 ans de République islamique ce chiffre était de 81% ! Pour les filles le progrès était encore plus frappant : de 35% en 1976 à 74,5% en 1996. Un autre chiffre sur l’éducation : en 1986 l’Iran comptait 167.971 étudiants universitaires. En 2001 ce chiffre était de 1.500.000 !

Un peu comme dans le système sanitaire, l’Iran connaît un dédoublement du système éducatif supérieur. Une partie, étatique et publique, est financièrement d’un accès assez facile. Abordable disons. Le grand problème se trouve au niveau de l’examen d’entrée, le dit « concours ». Ce concours, organisé une fois par an pour l’entrée en BA ou MA (ou PhD), est très difficile. On doit faire une liste de trois (je crois) matières qu’on aimerait étudier. Par exemple : première préférence maths, deuxième chimie, troisième physique ou droit, littérature et biologie. On n’est jamais sûr de passer tout court, ni d’être accepté pour la matière ou faculté qu’on aimerait, ni d’être accepté par l’université de son choix. De l’autre côté si je ne réussis pas cette année je peux tjs réessayer l’année prochaine…
A remarquer aussi que certains groupes de la société ont un accès privilégié aux universités. Ainsi les basiji (section de l’armée des gardiens de la révolution qui recrute surtout dans les quartiers pauvres) ou les enfants qui ont perdu leurs parents dans la guerre semblent avoir un accès plus facile.

La partie privée de l’éducation supérieure, « les universités libres », a été une invention de Rafsanjani. Contrairement à ce qu’on pourrait penser elles ne sont pas de meilleure qualité que les universités publiques, bien au contraire. Par contre, si elles sont de qualité inférieure, la sélection par un concours difficile y est replacé par… le minerval (frais d’inscription bien plus élevés). Payer plus pour moins de qualité…c’est un peu paradoxal, mais cela permet parfois de préparer le concours ou d’étudier la matière que l’on a pas pu dans une université étatique…

Et voilà votre première initiation au système éducatif iranien… :-)

1 commentaire:

Crespin a dit…

C'est marrant, le syst�me universitaire iranien est identique au bolivien!