vendredi 20 juin 2008

Le Cours des Garçons

Mon premier cours d’anglais de ce “Term” était avec une classe de garçons. Vous savez en Iran dans la majorité, voire tous les instituts, les garçon et les filles s’alternent. Un jour les filles, le lendemain les garçons et ainsi de suite. Je donne cours aux deux groupes… mais d’abord donc les garçons. Plus ou moins tous entre 20 et 25 ans, ils apprennent l’anglais pour des raisons différentes… Si leur anglais n’est pas encore à point, leur esprit de contradiction l’est bien… Qqu’un veut savoir de quelle méthode je me servirai, un autre si cela serait possible d’apprendre l’anglais avec un accent « mid-atlantic » (il ne sait pas plus que moi ce que c’est exactement,mais ça fait cool comme question, genre le gars qui s’y connaît), un troisième veut m’impressionner avec les quelques mots de français qu’il a appris (il est déçu quand je lui réponds que c’est plus ou moins ma langue maternelle) .

Mais lançons donc le débat, à défaut de photocopies (elles arriveront la sem. proch.) et en guise de réponse aux questions qu’ils me lancent, je commence une discussion libre sur l’Europe et l’Iran et leurs perceptions des différences et similitudes. Les préjugés fusent. C’est assez intéressant. Ainsi nous les Européens on serait logiques et rationnels, tandis que les Iraniens seraient incapables de contrôler leurs émotions et surtout des les dissimuler. Mais on serait insensibles aussi. « Oui, on est pas capable de mener une vie comme vous » ajoute un autre. « Nous quand on voit un accident sur la route on s’arrête tous pour essayer de l’aider, vous par contre vous continuer votre chemin en appelant l’ambulance ». « Au moins chez eux l’ambulance arrive. » dit un gars du sud de l’Iran. Il se fait corriger tout de suite, et je dois avouer que les services d’urgences iraniens ne doivent pas être les pires de la région, même si probablement pas à la hauteur européenne.

« Vous savez, » un garçon bien habillé et avec coiffure classique me lance, « nous on est pas habitué à l‘ordre, pour cette raison aussi c’est bien qu’on ait une religion forte. Parce que des lois on en a pas. » Comment vous n’en avez pas ? « Ben on en a, mais si y a pas un policier pour les faire respecter, personne ne les observe, tandis qu’avec dieu c’est bien, on peut croire qu’il nous observe toujours. » « Dommage quand-même, ajoute un jeune un peu plus timide que les autres, qu’on doit utiliser la religion pour cela… »

Je provoque avec la question si la Rule of Law, très répandu dans le monde développé, est si impossible que cela en Iran ? On se consulte… D’un côté la rule of law est qque chose à laquelle on aspire fortement, comme d’ailleurs à la méritocratie (mot difficile apparemment sans équivalent exact en persan)… De l’autre la majorité soutient qu’ajd il n’y a pas d’alternative à la religion officielle pour maintenir la cohésion sociale et le respect d’autrui, surtout pour les classes inférieures de la société… Il faut donc attendre… quoi ? On l’ignore…moi aussi d’ailleurs :-)

1 commentaire:

Crespin a dit…

On a pas droit aux impressions du premier cours avec les filles? ;-)