jeudi 21 août 2008

Persepolis

Près de Shiraz (je crois qu’en français faudrait écrire Chiraz, mais bon...) l’on retrouve la ville de Persepolis.. Souvent exaltée comme l’illustration de la grande civilisation persane… je trouve qu’il faut nuancer. Tout d’abord, il ne s’agit absolument pas de l’ancienne capitale de l’empire achéménide (celle-ci se trouvait entre autres à Susa), mais d’une ville construite entièrement et uniquement pour des cérémonies destinées à célébrer la gloire du roi ou empereur en fonction. Lors de Now Ruz (le nouvel an iranien), délégations de différentes parties de l’empire y venaient offrir leurs cadeaux et signes de soumission à l’empereur de la Perse. Sur un des bâtiments principaux on voit d’ailleurs encore les illustrations des différentes délégations venant payer leurs « respects » au roi des rois. Cependant petite anecdote, contrairement à ce que l’on peut voir dans d’autres palais ou empires de cette époque (enfin plus ou moins, comme les Babyloniens,…) les délégations sont montrées libres et plutôt joyeuses, non soumises et esclaves ; ce qui pourrait donner quelques éléments sur la nature des rapports entre différentes nations à l’intérieur de l’empire persan. Une telle ville édifiée uniquement pour la gloire de l’empereur n’illustre-t-elle pas tout autant la décadence des grands empires que la grandeur d’une civilisation ? Je m’étais déjà posé la même question à Rome il y a longtemps. Un peu en dehors des ruines on voit des carcasses d’aciers dans des formes bizarres… Il s’agit des restes d’une fête organisée par le dernier chah d’Iran (Mohamed Reza Pahlavi) au début des années ’70 pour célébrer 2500 ans d’empire persan. Le beau monde des quatre coins du monde avait été invité, même notre propre Baudoin I, à ce moment chah du pays des Belges, était présent. Le meilleur ne suffisait pas, ainsi la nourriture venait d’un restaurant parisien et dans les constructions dont on voit mnt les ruines des salles de bains en marbre avaient été installées(au milieu du désert). Malheureusement pour le chah d’Iran l’événement se révélait un désastre. L’argent dépensé inutilement et surtout l’interdiction pour le peuple iranien d’assister aux célébrations donnaient une nouvelle vie à la contestation populaire du régime despotique… quelques années après la révolution se mettait en marche… Oui je sais j’aurais pu vous donner une approche plus artistique, mais celle-là vous la trouverez dans un livre… ;-) Allez, qques photos encore…


2 commentaires:

Antoine Moens a dit…

C'est dingue de se dire que les restes d'un repas se trouvent encore 38 ans après sur place.
C'est quoi l'adresse du resto qui fait des restes tellement visible qu'on peut voir encore après 30 ans. Non par ce que je cherche un traiteur pour mon mariage.

Moi pour un seul diner comme cela, je veux bien devenir chah de tout ce que tu veux

Iskander a dit…

C’est au cours d’une beuverie d’ Alexandre le Grand et ses compagnons au palais de Darius qu’une prostituée grecque, Thaïs, y aurait mis le feu Paradoxalement, cet incendie et l’enfouissement des ruines qui s’ensuivit nous permet de voir aujourd’hui une Persépolis relativement préservée.

Cet incendie est plus vraisemblablement un geste politique d’Alexandre. En détruisant le symbole de l’Empire perse, il permet autour de sa personne l’éclosion d’un monde nouveau qui mêle Orient et Occident : l’hellénisme.